Urbaniagnangnan

Au rayon des viandes du supermarché des célibataires, une pièce de résistance : Geneviève.

Faites la queue, prétendants prétentieux. N’ayez craintes, la dame les aime romantiques, un peu baveux, du type «petites surprises». Bref, son «gars idéal» a le plus pathétique des profils. On semble avoir affaire à un copié/collé d’une fiche peu singulière de réseaux de rencontre. Alors, que vous soyez un inculte hirsute ou encore un simple imbécile heureux, armez-vous de chandelles et de piquette et sautez dans l’arène Facebook de la belle.

L’entretien d’Urbania avec la charmante est tout aussi ronflant que le concept même du projet : trouver un amoureux à Geneviève avant un mois. Zzzzzzz. Aurait-elle préféré un homme aux yeux vairons que déjà nous y aurions vu se pointer un peu d’originalité dans le processus de sélection. Ou encore un sympathique éleveur de moutons. Ou un rouquin frisé.

Si le projet sans originalité s’annonce loupé ou à tout le moins d’un ennui mortel, le plus triste de l’affaire demeure les blessures potentielles, que pourrait porter mademoiselle, résultantes de l’aventure.

Passage dans un lieu de rencontre de la communauté haïtienne à Montréal

«Les petits chagrins bavardent, les grands sont muets» – Sénèque

Peu discutaient, ce vendredi soir dernier.

On pouvait aisément se casser la gueule à l’entrée du sous-sol d’Église. La glace était vive. S’il n’eût été du véhicule de RDI pour m’appuyer, peut-être serais-je tombée. À peine ai-je descendu les marches menant à la salle, me voilà coincée derrière les politiques. Jean Charest, son épouse, Mme James et autres étaient groupés sous le phare éblouissant de la caméra. Le phare sans doute, puisque plusieurs y convergeaient.

Mais peu discutaient. Travailleurs sociaux et autres aidants silencieux me semblaient n’être qu’une simple curiosité.

On voulait savoir. Qu’a dit M. Harper ? Enverra-t-il policiers et pompiers du Québec, prêts à quitter pour prêter main forte aux sinistrés ? Brèves allocutions des politiques. Me voilà à nouveau coincée avec eux. Qui échangeaient sur les toutes dernières nouvelles d’Haïti. Bateaux, port, vols, Croix Rouge. Le putain de phare devenait de plus en plus éblouissant. Voilà qu’il n’y avait déjà plus grand chose à dire.

On suivait les politiques des yeux. S’en iront-ils ? Ils passèrent au buffet. Chaleureux sourires de ces dames qui avaient préparé soupe, viandes, fromages. Peu discutaient.

Avec ma peau blanche comme le lait, on m’a considérée comme invitée. La file était longue et on m’a offert de passer devant. Devant une famille. Merci, c’est gentil, mais allez, passez… Un jeune homme revint du buffet et m’a offert sa soupe, dans un verre en styromousse. Il a fallu insister, non, merci, c’est bien aimable. Je hais les buffets. On me bouscule toujours. Pas cette fois. Autant de gentillesses, autant de sourires chez ces gens en deuil. Difficile à comprendre. Une culture forte, qui ébranle et inspire.

Peu ont parlé de leurs proches en Haïti. Et ceux-là même qui ont osé, vous quittaient avec le sourire : la vie continue, disaient-ils.

Jean Charest est resté plus longtemps qu’à son habitude en cet espace modeste de rassemblement. Arrogance et verbiage n’étaient pas au rendez-vous. On pouvait entendre murmurer : il est resté à manger !

La présence des politiques a touché.

Le silence du chagrin s’entendait et on pouvait le lire sur les sourires.

Cadeau empoisonné aux travailleurs autonomes ?

Les nouvelles mesures d’assurance-emploi pour les travailleurs autonomes : un contrat qui peut vous lier longtemps.

Un travailleur autonome québécois a déjà accès aux prestations spéciales parentales et de maternité. Conclure une entente avec la Commission de l’assurance-emploi du Canada ne donnerait accès qu’à deux autres types de prestations spéciales soit les prestations de maladie (maximum 15 semaines) et les prestations de compassion (maximum 6 semaines). Pour en bénéficier, au Québec, vous auriez donc à verser des cotisations pouvant atteindre un montant annuel de 587,52 $ (année 2010). Certes, ce n’est pas beaucoup mais il faut être avisé :

Si vous avez reçu des prestations spéciales de l’assurance-emploi en tant que travailleur autonome, vous ne pouvez pas demander la révocation de votre accord. Votre accord demeurera en vigueur indéfiniment, et vous devrez toujours continuer de payer des cotisations d’assurance-emploi en fonction de votre revenu de travailleur autonome. En d’autres mots, une fois que vous avez reçu des prestations spéciales de l’assurance-emploi, vous devez continuer de payer des cotisations en fonction de votre revenu de travailleur autonome tant et aussi longtemps que vous le demeurez, et ce, même si la nature du travail autonome que vous accomplissez change.

Enfin, considérez que vous n’aurez pas droit aux prestations régulières, ce dont en fait certains travailleurs autonomes auraient le plus besoin :

Les travailleurs autonomes ne peuvent pas avoir droit à des prestations régulières de l’assurance-emploi. Les prestations régulières sont uniquement offertes aux employés qui ont reçu une rémunération assurable et qui répondent aux critères d’admissibilité.

Bref, pour un Québécois travailleur autonome, ces nouvelles mesures me paraissent peu avantageuses considérant le boulet que pourrait devenir cette obligation de payer des cotisations INDÉFINIMENT et considérant que les prestations régulières ne sont pas incluses dans le paquet. Peut-être bien un cadeau empoisonné.

Références web : Service Canada / Assurance-emploi / Foire aux questions

Leitmotiv

J’ai tenu quelques blogs au fil des ans. Celui-ci est tout neuf; voilà une occasion de repartir du bon pied en adoptant d’emblée un leitmotiv qui sera mon guide pour mes futures publications : le relai. Relai à l’autre, celui qui éclaire, celui qui partage, celui-là même qui relaie aussi. Le relai fait foi d’une communication équitable et s’oppose au discours à sens unique, sans interraction, qui n’est plus dans l’ère du temps.

C’est ce billet, Les blogueurs sont tous des cons, qui m’a éclairée, inspirée.

Balbutiements de blog…

Je n’ai trouvé rien de mieux qui puisse définir et résumer mes intentions que ce mot au lecteur de Michel de Montaigne :

Voici un livre de bonne foi, lecteur. Il t’avertit dès le début que je ne m’y suis fixé aucun autre but que personnel et privé ; je ne m’y suis pas soucié, ni de te rendre service, ni de ma propre gloire : mes forces ne sont pas à la hauteur d’un tel dessein.

Je l’ai dévolu à l’usage particulier de mes parents et de mes amis pour que, m’ayant perdu (ce qui se produira bientôt), ils puissent y retrouver les traits de mon comportement et de mon caractère, et que grâce à lui ils entretiennent de façon plus vivante et plus complète la connaissance qu’ils ont eue de moi. – Michel de Montaigne, Les essais I