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Ai-je raté ma vie ?

Ou la confortante position du «pas de malheur, pas de bonheur».

Lui : en baise une autre fantasme sur une autre que sa femme. Elle : échange sur le web avec un autre fantasme sur un autre que son mari. Pourtant… Ils ont acheté le rêve américain la maison de banlieue, ordinaire et pas trop chère. Piscine hors terre. Ont eu un, deux, trois enfants. Voient régulièrement depuis cinq ans la crisse de belle femme qui allume un peu trop Monsieur le couple d’amis qui habite tout près.

Monsieur est un bon père, Madame gère-mène très bien les horaires. Et son mari. Comme dans les pubs télé québécoises merdiques. Il y a que Monsieur sort parfois le soir. Boire un verre, deux ou trois. Il y a que Madame sort parfois le soir. Boire un verre, deux ou trois. Il déconne avec les copains, refait le monde. Elle gazouille avec les copines, refait les hommes.

«Es-tu heureux ?» peut-on demander à Monsieur. Non. «Es-tu heureuse ?» peut-on demander à Madame. Non. Ni l’un ni l’autre ne s’avouera toutefois malheureux. Ah ? Et s’ils ne sont pas heureux… pourquoi… «Oh mais c’est pour les enfants !». Ah oui, les enfants.

Enfant, je n’ai vu mes parents ni heureux, ni malheureux. Ça se voit. Ça se sent. Papa qui n’embrasse pas maman. Maman qui chicane après papa parce qu’il n’a toujours pas réparé tel ou tel truc.

En quête perpétuelle de bonheur, j’ai rejeté ce modèle en bloc. Je hais la piscine hors terre. Je hais la mini fourgonette. Je hais les couples d’amis. Je hais l’abrutissement de l’homme, le gère-menage et le superwomenage. Good mother. Good fucker. Good worker. Good, good, good.

Je n’ai donc ni piscine, ni mari, ni maison. De bons amis toutefois, ni heureux, ni malheureux. Et moi je flotte, perplexe. En toute liberté. Ai-je raté ma vie ?

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Transie

Montréal est belle, douce et tranquille. L’air est bon, le soleil est généreux. Les bistros sont extra, les gens sympa. Les amoureux, les papas, les chiens… même les écureuils gras bonifient le parc où tout un chacun se prélasse depuis des jours, des semaines. Je n’ai jamais autant goûté Montréal.

Je voyage léger, ai tout laissé, donné, jeté.*

Et pourtant, je suis transie. Délicieusement transie. Quelques parcelles de bonheur amer. Vivement l’éphémère… La brise est brise et bonne de par sa nature même : elle brise, par surprise, le moment trop chaud, trop lourd.

Transie. Un ami me l’aura soufflé à l’oreille. J’aurai compris**, enfin, mon état d’âme.

*Sauf mon iPhone, ma charte pantone, ma table à dessins, mon Mac.
**Après avoir fouillé dans mon dico, bien sûr ! Mon ami est un érudit, moi pas.